lundi 14 février 2011

LE CANTONNIER ( nouvelle 67 )

Mirage, au-dessus des nuages, sage.

LE CANTONNIER


     De riche rires d'enfants s'évadent d'une vétuste bâtisse où, vit une famille nombreuses en vie humaines et pauvre en richesse mondaine. Mais, ce dernier colportage de révélation ne freine en rien l'allégresse qu'ils se partagent dans cette charge de bonheur qui vient de leur attribuer leur père de famille. C'est une boule de poiles, a quatre pattes qui se déplace avec une allure chambardente et chancelante a la fois. C'est cela qui détient la source du joyeux rire des enfants. Ce chiot, dont l'origine doit provenir du berger Allemand, possède une belle robe mitigé de trois couleurs brunâtre. Ce qui le personnalise se sont ses oreilles qu'il tente de pointer ; seul l'oreille de droite reste droite quant a l'autre, a demis cassé, elle cherche une sollicitude de vitamines pour pouvoir retrouver cette force capable de la redresser. La jeunesse de l'animal ne doit pas dépasser les deux mois, mais, elle impose son aboiement envers nous autres pour participer dans nos jeux.
    Nous sommes trois frères , je suis le plus âgé sans imposer ma supériorité. Notre enthousiasme vibre sous le terme d'une convivialité commune, avec une ferme ardeur . J'ai six ans et mes frères me suivent a deux ans d'intervalle. Ma mère porte une prochaine progéniture qui l'accable considérablement. Sa santé a des faiblesses, mais son courage nous supporte tous les trois grâce a sa sagesse maternelle. Je ne mettrai pas au enchère l'amour que nous attribue notre mère ni celui de mon père car dans leur comportement navigue cette formule  de valeur qui donne chaud au coeur. 
   Le colportage de ce nuage de bonheur témoigne d'un acquittement d'amertume qu'ils ont du supporter durant les moments pénibles de la dernière guerre et qu'ils nous ont raconter.
   Faisons un inventaire de notre bien et je peux me rendre compte que nous ne disposons qu'un vélo rudimentaire pour moyen de transport, d'une table et de cinq chaises unilatérales aux nombreuses vis de réparations de fortune. Deux grands matelas de laine posés a même le sol et qui nous sert de lits. Un fourneau en fonte noir pour brûler du bois et y cuire notre repas. Deux casseroles bosselées en aluminium ainsi que les cuillères et fourchette taillé dans du bois d’olivier. D'un grand couteau qui sert a tout et que seul le père utilise. Une armoire bancale où, toutes les charnières des portes se désaccouplent, c'est dans cette armoire que nos habits sont rangé. Voila l'inventaire de notre richesse, elle ne prime que peut d'allégresse et pourtant notre bonheur y récolte une source de bonheur où jaillissent les flammes de notre honneur. Je vénère mon père car, souvent après le maigre repas du soir, il m'invite pour l'accompagner sur son vélo et allumer les lanternes de pétrole placé sur les chantiers autour des tranchées creusé dans la chaussé.
      ( - Tu vois mon fils, je fais cela pour avertir les gens car quant la nuit se fait sombre, ils ne voient que du noir, mes lanternes les avertissent de ce danger. )
   Mon père me dit cela avec sollicitude et fierté. Je connais la leçon par coeur mais, l'écouter me vas droit au coeur. Ce regain je le transporte dans mes pensées comme l'image réelle de cette vie du monde ouvrier qui pour survivre doit travailler sans broncher .  Il instaure son savoir faire avec passion autant que le partage de sa perfection et l’ivresse sentimental de son travail . Nous approchons prés d'une nouvelle route encore chaude qui émet l'odeur du goudron par une vapeur qui la survole .
     ( - Regarde Gigi, comme le nouveau macadam de la route est bien  lisse,
       - Oui papa, elle est bien plate cette route.
       - Et bien demain matin, si tu le veux, tu peux m’accompagner pour mettre en route la machine a vapeur; cette grosse que tu peux voir la et qui sert de rouleau compresseur. Et tu d'accord ?
      - Oui papa, je me réjouis de ta proposition. )
    Ce soir la mon bonheur produit un voltage de satisfaction sans commentaire car il révolutionne mon comportement; mais, rendez vous compte je peux accompagner mon père sur le rouleau compresseur , cette énorme machine qui crache de la vapeur et aussi haute qu'une maison ?
    La nuit se remplit de songes qui engloutissent mon impatience avec lenteur. Mes yeux sont a peine éveillé que mon père me secoue avec félicité. Je ne tarde pas par me lever et m’habille avec une rapidité telle que mes habitudes en sont perturbées. Je n'avale pas grand chose et ne fait que de le question avec curiosité sur le suivi de la journée. Mon père enfourche son vélo sur lequel je prend place, avec deux sacoches qui m'oblige d'écarter mes jambes . C'est dans ces deux sacs, en toile de chanvre épais, que mon père y gare son mangé. Il s'y trouve une baquette de pain, une bouteille de bière, une thermos de café a la chicorée, un paquet de cinq parisienne, une tranche de saindoux enveloppé dans du papier journal et un morceau de saucisse fumée. Bref , me voila assis prés d'une étagère de victuailles qui ne sert d'équilibre et de support. Ce fauteuil de fortune est dure, mon père y place sa veste de travail pour que je puisse m'y asseoir plus confortablement. Le jour ne montre pas encore sa riche clarté et les flammeroles des becs de gaz dansent un rythme peut turbulent. Mon père fait un arrêt près d'un bec de gaz, il accoude son vélo qui lui sert de support pour arriver a la hauteur de cette flamme bleuté, il y frôle sa  parisienne qui prend feux. Pendant que je le regarde se servir de cette flamme lumineuse, une passante porteuse de journaux vient nous surprendre ! 
       ( - Alors Jacquot, tu transportes de l'aide sur ton vélo ? 
         - Oui Matilte, c'est mon fils aîné et il m'accompagne pour la journée.
         - Il en a de la chance ce garçon de pouvoir suivre son père a son lieu de travail ! )
    Oui, j'ai de la chance et cet avantage me gave de référence. Nous voila sur notre chantier et les préparations peuvent commencer. Mon père cherche des petits morceaux de bois qu'il place dans le fourneau de la machine a vapeur puis, il l'arrose de pétrole qu'il a cherche dans une lanterne, avec la parisienne il attise le feux en soufflant légèrement. Puis il accouple un tuyau d'eau avec la colonne qui se trouve non loin et le réservoir de la machine a vapeur. Nous ramassons les lanternes a pétrole puis nous attendons les collègues de l'équipe de voirie.
   Dans le réservoir de la machine a vapeur, l'eau prend vie , elle se met a bouillir. Mon père me fait comprendre qu'elle doit épouser une température qui dépasse les quatre vingt dix degrés et ce sera qu'a partir de cette marge la qu'elle laisse échapper le volume de son surplus de puissance en une vapeur réprimande qui grogne une invitation par un sifflement audacieux et envoûtant. Le monstre d'acier se réveille avec une sévérité sans recule car mon père ne tarde a prendre en main les commandes de cette masse volumineuse faite de rouleaux d'acier.
   Je me place sur la petite marche qui sert de place pour guider cette impressionnante montagne métallique. La manipulation se fait avec l'aide d'un grand volant en bois lisse qui permet d'embrayer la force motrice responsable de la vibration de tout l'arsenal. Une vapeur, au caractère sifflotent  un rythme musical, met en mouvement ce monstre d'acier. Il y a peu de place pour être a l'aise , juste une largeur de deux pieds l'un a coté de l'autre. Ma grandeur d'enfant me permet d'y prendre place mais mon père a de la peine pour y placer ses deux pieds. Une cloche est  actionné par une corde pour prévenir le personnes sur notre route quant on change de direction. Je retient encore cette règle de sécurité qui oblige le conducteur de placer aux quatre extrémité de cette masse roulante des drapeaux rouge indiquant que le véhicule est en mouvement. La vitesse maximum ne dépasse guère le pas de l'homme mais, prudence oblige car cette montagne ne s’arrête pas aussi rapidement. Pour le moment nous damons la route faite avec du concassé, la première couche avant le macadam ; notre passage fait remonter le sable qui se trouve mélangé dans le concassé. Il naît une surface lisse, qui ressemble a l'étendu d'une plage de sable fin ; cela me fait rêver de jeux et d'une construction de château de sable . Mais je dois garder toute mon attention sur une réserve avec réprimande pour toute personne venant a se placer sur notre parcoure. Je questionne mon père avec une profonde inquiétude,
     (- Papa a quel moment dois je faire tinter la cloche ?
      - Lorsqu'une personne se trouve sur notre parcoure !
      - Sur notre parcoure ?
      - Oui car on peu l’écraser, il ressemblera a une pâte lisse . )
   J'ai beau regarder devant moi, la montagne d'acier ne ma laisse aucune chance de visibilité en marche avant mais en marche arrière, la, je suis maître de mon regard mais, personne ne tente de couper notre chemin ? Le flux des camions provoque un nuage de poussière et nous n’avons pas beaucoup de temps pour faire une pose. Avant nous, des chargeurs étalent ce que verses les camions ont déversé puis c'est a notre tour de passer sur ce qui vient d’être étalé. La journée se termine et ma fatigue cumule des défaits persévérant. Je suis très content de pouvoir retrouver mes frères, non pas par le poids de la fatigue mais pour leur raconter mon aventure.
     Les années passent et le vieillissement de mes histoires jaunissent comme le papier sur lequel j'avais rédigé ces écrits. Je raconte a mes petits enfants ce passage de bonheur et de découverte qui m'avais laissé la trace d'une enfance joyeuse et riche en émotions. Laissons s'évader le passé vers l'oublie de la réalité car personne ne veut revenir en arrière, en ces temps la, le travail était rude mais aussi notre grande joie. 


















JJM 


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