samedi 20 février 2010

CHAMPION ( nouvelle n 13 )

mirage au dessus des nuages sage

CHAMPION

     C'est à quatre heures du matin que je me lève. La clarté du jour n'est pas loin car le printemps fait sa révérence à la nature qui le soutient. Moi , j'adore cette saison si particulière où prime la beauté, la parure du paysage, son élégance, la senteur qu'émettent les fleurs , le charme de la verdure tendre et le bien-être dans cet l'environnement.
    Si je suis aussi matinal c'est que ma routine habituelle doit épouser un rythme ponctuel afin de ne pas manquer mon bus qui, lui, ne pardonne aucun retard.
    Dans ma main droite, je tiens un morceau de pain dur car sur mon chemin je rencontre un cheval qui se nomme ( Champion ) . L'habitude fait que certains éléments se laissent entraîner par le pôle du magnétisme de l'horloge !
   Mon ami Champion possède une belle robe brune qui recouvre la plus grande partie de son corps, une tête robuste parsemée de traces blanches et une crinière grise très abondante. Certains crins vont jusqu'à lui caresser ses narines, ce qui permet de chasser les éventuels mouches et moustiques de toutes sortes qui tenteraient de l'importuner sans respect . Le pré qu'il occupe est vaste et riche en herbes de toutes sortes mais, de là à se contenter de ce régime ne lui suffit pas ! Il préfère tout ce dont je lui fais cadeau car l'amitié veut en faite que ce qui vient du coeur soit meilleur ! 
   Par dessus le barbelé il passe sa grosse tête pour que moi, de mon chemin, je puisse lui donner ce morceau de pain que je transporte avec amour dans ma main. Il n'y a pas de langage qui puisse distraire les oreilles de l'un comme de l'autre, de toute façon il va de soi qu'aucun des deux ne comprend le langage de l'autre. Ce ne sont que mes caresses qui transmettent notre attachement avec sérénité. Je lui touche ses oreilles pointues qu'il fait vibrer impérieusement. Ce contact prouve que nous conjuguons un rituel sentimental à chacune de nos retrouvailles.
   Sur mon lieu de travail, je ne perds pas cette référence journalière car même là, je baratine mes collègues pour que ceux ci  ne jettent pas leurs morceaux de pain. Je suis fier de ce cheval et ne cache rien de mon attachement. Ce que je raconte de lui, ce sont les multiples anecdotes qui me restent en mémoire. Certaines personnes n'ont jamais eu la chance de rencontrer un cheval en ville, cela est très rare de pouvoir en croiser ; seul le passage d'un cirque peut émouvoir leurs pensées. Je récolte à ce sujet un véritable comité d'éloges de complaisance. Cela me fait plaisir, c'est une sorte de complicité entre le cheval et moi. Au retour de mon travail, vers 15 heures, un nouveau contact scelle le partage, par dessus la clôture, de notre amitié. 
   Un après midi , alors que le temps était au beau fixe, ( Champion ) s'est permis de venir m'attendre à l'arrêt de bus. Il a sauté pardessus la clôture, d'une hauteur d'un mètre quarante, comme un grand chef ? Cette présence fit rire l'ensemble des passagers. Je me suis pas fâche mais ne lui fit part d'aucun morceau de pain. Ce fut une façon de le punir et cela lui a servi de leçon car il ne m'a plus fait de surprise aussi imprévisible !
  Un autre jour, comme de coutume je me rapproche de la clôture, plus de cheval ? Où a t'il bien peu passer ? Une inquiétude s'empare de moi, je me mets à parler.
    ( mais diable ! Se serait il échappé ? )
  Cela me trouble ! Aurait il pris la fuite ? Je continue de faire quelques pas tout en tentant de le voir par ici, ou bien par là. Voila que l'inconcevable trouble mon attention : Je l'aperçois allongé sur le flanc à même le sol ! Il est inerte comme une lourde feuille morte, sans le moindre souffle, sans un mouvement. Il ne gonfle plus sa poitrine et garde une immobilité parfaite, même sa crinière et sa queue sont figées ! Mon inquiétude est a son comble, mon
intuition refuse de reconnaître le sentiment douloureux qui m'étreint : Est il mort mon ami ? Je prend peur et l'appelle à plusieurs reprises. Rien ne bouge, aucun signe de vie ! De nombreuses mouches couvrent ses narines et ses oreilles. Je dois prévenir le vétérinaire et son propriétaire ? Je me dirige vers l'entrée de l'enclos qui se trouve sur mon chemin. Mes mains  tentent de l'ouvrir . A cet instant un hennissement ridiculise ma personne et , fait stopper impérativement ma démarche soucieuse.
   Qui aurait cru que cet animal était capable de compréhension au point de faire cette sorte de farce ! Je me sens soulagé d'abord, moi qui ai eu une peur bleue à la pensée de savoir que de sa vie il ne reste rien, et rien, de notre amitié.

                           JJM















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MES MOUTONS ( chansonnette n 27 )

mirage au dessus des nuages sage

MES MOUTONS


Ils sont beau mes moutons,
Je les promène sans un mot,
Vers des pâturages beau.

Au soir on retrouve le hameau,
Notre bercail le plus beau,
Où la douceur fait agneau.

Ils sont beau mes moutons,
Je les promené sans un mot,
Vers des pâturages beau.

Le jour se lève on démarre,
Par temps aigre sans retard,
Et retrouver notre promenade.

Ils sont beau mes moutons,
Je les promène sans un mot,
Vers des pâturages beau.

      JJM