jeudi 17 juillet 2008

LES SONGES SONT ILS DES MENSONGES ? ( nouvelle 2)

Altkirche 17 12 06 068mirage au dessus des nuages sage n1




Les songes sont ils des mensonges ?

L' HISTOIRE DE LA PETITE PIERRE.


  
             Je suis triste et dépourvu d' ambition.Des envies, je n' en ai point et mes intentions sont sans intérêt. Je marche le long d' une rivière qui m' inspire peu de chose. Le soleil m' emplit de contradictions car sa chaleur occulte toutes mes sensations. Je m' affale contre un rocher qui ne me donne que des idées creuses. Mes pensées se remplissent de vide et mes yeux de brouillard. Dans ce nuage, un homme fluide fait son apparition. Il se rapproche de ma personne avec certainement une bonne intention ! Je le suis de mon regard pour définir sa juste direction.
             Une barbe longue et grise couvre son menton, ses habits de toile de lin sont longs, brillants comme de la soie ; ses yeux bleu clair reflètent la situation car son regard oblique enregistre mon inaction. Je ne reste plus oisif et deviens objectif. Mes sentiments retrouvent un ordre cohérent. Je le vois comme un apôtre venant d' un autre monde ! Sa démarche est lente mais fière. Il se rapproche de moi, à deux pas. Je sens sa transpiration émettant une rosée de printemps ; Cela fait revivre mon odorat.
             La rivière me transmet un bruit de cascade et des oiseaux, par leur gazouillement, me font partager poliment la joie de la nature et de son environnement. Je retrouve de nouveau mon étonnement par la valeur de l' écoute. Les pas de l' homme font s' entrechoquer les pierres entre elle, dans un grincement semblable à celui des dents... Je suis soudain empli de sensations.
             Une gouttelette d' eau tombe sur mes joues. L' ombre de sa personne me rafraîchit le corps. Mon âme reprend vie.
             Sur le visage mat de cet homme les lèvres se mettent à bouger, il me parle :
       "- Alors jeune homme , que fais-tu de ta vie ?
        - Je ne sais pas, je m' ennuie ! "
           Je reprends conscience , je m' exprime avec soulagement. Il me  tend la main , je la serre poliment. Je ressens profondément la véritable chaleur humaine.
           Il me donne une petite pierre blanche que je saisis de ma main droite. Elle est lisse et fraîche comme un glaçon et possède trois cotes égaux. Elle est arrondie sur tous les bords. Cette masse de pierre me donne l' impression d' être un nouveau riche.
           Il m' indique, de sa main droite, un chemin à suivre. Je me lève, en toute confiance, puis me dirige dans la direction indiquée.
           Je ressens une force capable de m' orienter.
            Je fait quelques pas puis reste un moment émotionné : Un bâton couleur or éclatant trempe son assise dans une source d' eau claire et pure qui rejoint la rivière par le chemin que j' ai parcouru. Cet objet devient pour moi un obstacle magnétisant,  il m' hypnotise littéralement. Mon hésitation provoque un arrêt , que je qualifierai de spirituelle. ma contemplation m' empêche de continuer mon chemin. Le vieil homme réapparaît à mes cotés pour me dire :
    " Prends ce bâton, il te servira plus tard. "
           Je reprends courage, fais ce qu' il dit, puis m' enrichis de ce bâton. A mon contacte il se transforme en vulgaire bois rude et piquant, mat et encombrant ; de son éclat, il ne reste plus rien. Le vieil homme me redonne la direction à suivre, je n' hésite pas pour le prendre.
           Le chemin est dur et fatigant,  le soleil rude et asséchant, ma soif torturante. Mes pieds nus sont bouillants. Je n' ai pas compté les heures de marche : il n' y a plus que du vide autour de moi, plus un seul bout de bois, plus une brindille d' herbe, plus de chant d' oiseau, ni de bruit de cascade, aucune vie. Ma soif crie pitié, je me mets à scruter les alentours dans l' espoir d' une éventuelle découverte. Tout est plat. Je me trouve dans une étendue aride et inhabitée, sèche et inanimée, aucune bonne conclusion... Il me reste comme sensation que se fin sable qui se faufile entre mes doigts de pieds. Je me trouve dans une désert où je ne risque de rencontrer, à par la soif et la faim, que la chaleur et la fatigue, l' oisiveté et le désespoir.
         Le soleil devient rude, insupportable par la chaleur qu' il dispense avec rigueur. Ma peau se déshydrate et ma salive disparaît. Je cherche une ombre pour pouvoir me protéger. Je remarque alors que je manque de dignité. Mon corps est vierge de tout tissu : Je suis comme un ver de terre, dépourvu de tout.
         Une remarque me redonne du courage : je possède un bâton et une pierre blanche bien fraîche. Cette constatation me donne une lueur d' espoir : Me voila plus riche qu' un mendiant !
         Je prends le caillou dans ma bouche et le suce comme un glaçon. Son goût me redonne de la salive et mon estomac se gonfle de victuailles ! Je tourne la perche dans le sable pour tenter de creuser et trouver de l' eau ; le sable argenté ne se laisse pas manipuler ainsi, aucune forme ne veut se créer, il redevient uniforme comme il l' a toujours été. Je me sens perdu.  Je reconnais que sans eau le désert est synonyme de mort. J' admets que je suis un perdant. Je plante mon bâton rugueux fortement dans le sable doré pour qu' une fine parcelle d' ombre puisse me soulager.  Jaillit a ce moment même une source d' eau claire d 'une fraîcheur alléchante !  Le bâton retrouve sa clarté surnaturelle, sa beauté dorée spirituelle.
poétique

    " C' est grâce à la  clarté aveuglante de ce bâton que ma caravane a trouvé de l' eau. Tu es le gardien de cette source et le mirage de la dignité. "
       Toute la caravane se met à boire, les chameaux broutent l' herbe et les nomades cueillent de la menthe pour leur thé. Jusqu' à ce que leurs panses se gonflent à fond, il se sont régalés. Des crottins de chameaux jonchent le sol, ils les ont laissés. La caravane reprend sa route mais avant le départ, le chamelier m' offre encore du tissu en coton pour pouvoir me faire une tente qui abrite mes nuits. Sa bonté est le signe  même  de le sagesse. Ma nudité est recouverte de lin et mes nuits d' une tente de coton.
      Un jour deux hommes , jeune et courageux, viennent me trouver . Ils sont dépourvus de situation mais pleins de bonne volonté. Je les accueille avec respect. Leur présence vient me combler car l' un fait de se mains de belles constructions, avec l' autre il construit une fortification.
       Le passage fréquent des caravanes m' apporte le richesse. Invulnérable, je ne me soucie de rien : Ni de la boisson ni de la faim , pas même du thé de menthe chaud qui régale mes convives.
       Un jour une caravane d' esclaves me sollicite pour ouvrir un marché. Je ne trouve devant une demande que je ne
peux refuser car je remarque toute sa valeur : Ce sont des jeunes femmes qui servent de butin. Cette marchandise malhonnête me trouble , j' achète tout le harem pour en faire des libertines.  La vie devient levain car des enfants naissent de chacune. Les femmes nous font du pain et les enfants du chagrin.
      Vient un jour un marchant de miroirs. Il prétend que sa marchandise reflète la vérité toute nue. Je reste hésitant, puis en achète un. Je le réserve aux femmes, plus tard j' en prendrai un pour mon usage personnel.
       Mon oasis est une ville de lumière, disent tous ceux qui ont goûté à ses charmes, son eau et son ombre. De   souci , je n' en ai aucun, mis a part le souvenir de cet homme qui ressemblait à un apôtre grisonnant habillé d' un vêtement de lin. J' aimerais le retrouver pour le remercier et lui raconter toutes mes belles réussites. Son approbation me soulagerait plus qu' un compliment !
         Dans ma ville je ne rencontre que des commerçants, les uns plus riches que les autres et très exigeants.
         Mais un jour , dans une ruelle , je rencontre un jeune homme , maigre comme un ver de terre et dépourvu de vêtements. Le soleil est au zénith et la chaleur étouffante. Le mur semble suinter de la tristesse qui émane de lui.  Je m' avance près de lui et lui demande :
    " Alors jeune homme, que fais tu de ta vie ?
    - je ne sais pas , je m' ennuie... "
       Il regarde en l' air comme s' il était un ange déchu ! Mais sans argent, sans habits, il est perdu ? Je le regarde en voulant lui donner une leçon mais il ne bouge pas, reste immobile comme le ferait un démon . Je retourne dans mes suites avec dans le coeur un horrible soupçon. Cet homme a une intention certaine, celle de repartir dans une direction lointaine. Dans mon entourage , personne n' est pauvre, personne ne manque de motivation. Cet étranger doit repartir dans une toute autre optique ! Je le retrouve après ma décision et lui donne la pierre blanche que je porte à mon coup. J lui indique la direction à suivre et lui fait comprendre de prendre le bâton doré qui se trouve à la source de l' oasis.  L' homme suit mes conseils et part sans retard.
        Je retourne dans mes suites et cherche conseil auprès d' une bonne flambée, puis me dirige dans la chambre des femmes pour trouver le miroir qui dévoile la vérité.
       Mon visage ressemble à celui d' un apôtre , mes cheveux sont gris et ma barbe aussi ; mes habits sont de lin et ma démarche fiévreuse se remarque de loin... Je reste sidéré par la vérité qui se fait jour dans mes pensées : Je suis celui qui ma guidé toute ma vie ; je reste celui qui n' a rien renié de son énergie ; je fuis l' ombre d' une éternelle vie.

         Lorsque la richesse te comble, n' oublie pas tes amis. Quant la faiblesse te corrompt , écoute celui qui te conduit.

        Les songes sont presque toujours des mensonges !

                                      JJM